Dans k.Rush il faut entendre le crash, il faut entendre le rush. Précipité onirique où une Cadillac joue le rôle central ou le fantasme fondateur, cette création de Pál Frenák, chorégraphe hongrois, est une sorte de road-movie – ou plutôt de road mouvement – transposé pour la danse. k.Rush s’inspire ouvertement d’une rhétorique cinématographique avec son rythme effréné et sa charge dramatique. L’espace est vide, à l’exception de “la belle américaine” et d’une vidéo de Philippe Martini qui déroule une route sans fin. Les pulsations de la musique électro-acoustique signée Gilles Gauvin intensifient l’explosive énergie des danseurs, tandis que défilent sur l’écran de notre mémoire les images fortes du septième art. Construite en séquences qui brassent tous les genres filmiques, la pièce oscille d’un érotisme fiévreux à un sentiment océanique, d’un humour subtil à un climat d’angoisse infinie. Pas étonnant pour ce chorégraphe qui a choisi de conjuguer la fracture – entre passé et présent, entre le rêve et la réalité, entre la France et la Hongrie – comme un mode et l’urgence comme un temps.
