Couvert de lauriers et de prix, le Chœur accentus, fondé par Laurence Équilbey, s’est imposé sur la scène française et internationale comme un ensemble vocal de référence. Dirigé pour ce concert par Alain Planès – qui fut longtemps le très remarqué pianiste de l’Ensemble Intercontemporain avant que ne s’impose sa carrière soliste – le Chœur accentus, auquel s’adjoindra le ténor Romain Champion, interprétera un programme Schubert. Si le répertoire pour piano du compositeur occupe aujourd’hui une place majeure – chaque sonate de la maturité est un bijou –, si ses symphonies ou ses cycles de Lieder (La Belle Meunière, Le Voyage d’Hiver) sont régulièrement donnés et enregistrés, les Lieder pour chœur d’hommes et piano le sont très rarement. Une injustice réparée par ce programme qui saura faire sonner la somptuosité vocale et pianistique de compositions glorifiant « la nature, l’amour, les mystères de la vie et de la mort » et seront une révélation pour qui ne les a jamais entendues. Schubert a sans doute exaucé ici le vœux de Liszt qui souhaitait que « l’art sorte du temple », pour qu’enfin, il franchisse les portes du monde où l’homme va son pas quotidien, et que soient célébrées les noces du cœur et l’émotion de la vie.
