C’est de sentiments et de jeunesse, plus encore que d’argent, qu’il est question dans L’Avare. La paranoïa d’Harpagon, œil tyrannique qui voit tout et dirige tout, culmine dans son désir insensé de posséder ce qu’il n’a plus et que le temps, plus sûrement encore que son valet, lui a déjà volé : ses jeunes années. La langue de Molière pour tout décor, la complicité du public pour lumière, Pierre Laneyrie et Alexis Moati, en complicité de jeu avec Carole Costantini et Sophie Delage, livrent ici un Avare d’une vitalité à faire pâlir d’envie Harpagon. Après un Malade imaginaire très réussi et usant de la même économie de moyens, ces comédiens dévoilent avec une énergie insolente et une grande liberté « les abîmes et vertiges de la raison de cette tragédie comique ».
