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théâtre

Comme vider la mer avec une cuiller

Yannick Jaulin / Matthieu Roy

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Imaginons : un homme, de dos ; à ses côtés, une jeune-femme, violoniste. Sur le mur du fond, une représentation de l’Annonciation, l’un des épisodes parmi les plus célèbres du Nouveau Testament, par Fra Angelico, maître de la peinture religieuse du XVe siècle. Pour qui ne sait « lire » cette image, le curieux personnage ailé se tenant face à cette jeune femme agenouillée semble sans doute bien énigmatique… Et le message par lequel l’ange annonce à Marie qu’elle a été choisie pour enfanter le fils de Dieu, un récit pour le moins surprenant. C’est à cet endroit précis, celui de la question et de l’énigme, que Yannick Jaulin, conteur de son état, ici clown se frottant à la métaphysique, prend la parole. Avec cet art qui n’appartient qu’à lui, et en patois poitevin si le cœur lui en dit, une conversation s’engage. Rien d’une leçon donc, disons un cheminement. Il s’agit ici de faire vivre et interpréter – avec une liberté tendre et acidulée – les textes des religions « du livre », tous ces récits qui forment, qu’on les repousse, les partage ou les ignore, la glaise d’une culture qu’on risquerait beaucoup à ne plus connaître. À l’endroit du conte, cette terre qu’il connaît mieux que quiconque, Yannick Jaulin, accompagné par Morgane Houdemont qui lui donne la réplique avec son violon, localise à sa façon le Paradis. On en ressort souriant et questionnant, persuadé que « ce n’est pas parce qu’on regarde tous la même chose qu’on se raconte la même histoire » et que « si la seule croyance qui reste, c’est d’aller faire les grands magasins pendant les soldes, on est foutus ».

 

« L’acteur s’impose, magnifique, généreux, caustique, jovial, émouvant aussi […]. » Télérama