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danse

Dialogue with Rothko

Carolyn Carlson

La gestuelle tout en pleins et en déliés de Carolyn Carlson semble épouser les inflexions du poème, lu par le danseur Juha Marsalo, ou les courbes sonores du violoncelle du compositeur Jean-Paul Dessy. 

Le dialogue entre le peintre Mark Rothko et la chorégraphe Carolyn Carlson ne date pas d’hier. Elle a écrit un long poème sur une seule de ses toiles Sans titre (noir, rouge sur noir sur rouge), peinte en 1964, déjà intitulé Dialogue avec Rothko. Ce solo est donc une nouvelle déclaration d’amour pour le peintre, dansée cette fois par l’immense étoile-chorégraphe, comme l’avait si joliment nommée Rolf Liebermann quand il l’avait invitée à résider à l’Opéra de Paris. Les deux artistes partagent ce goût pour le méditatif et le silence, que l’un exprimera par des aplats aux bords indécis, colorés, puis de plus en plus sombres et mystérieux, l’autre par ce solo intuitif et sensible où le corps devient signe. Variation sur la couleur qui apparaît puis s’intensifie jusqu’à devenir cette longue silhouette noire sous-tachée de rouge, Dialogue with Rothko est une pièce recueillie et pensive. La gestuelle tout en pleins et en déliés de Carolyn Carlson semble épouser les inflexions du poème, lu par le danseur Juha Marsalo, ou les courbes sonores du violoncelle du compositeur Jean-Paul Dessy. Avec ses bras qui dessinent des volutes dans l’espace et sa main droite gantée de couleurs changeantes, elle plonge peu à peu dans l’obscurité qui attire et engloutit la couleur à jamais dans cette œuvre au noir.