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danse

Sfumato

Rachid Ouramdane

En s’emparant du thème très actuel du désastre écologique et des réfugiés climatiques, Rachid Ouramdane fait le pari de la fiction chorégraphique comme choc visuel d’avertissement. Et il le gagne !

Mots dans le vide. On a beau fixer le regard, on ne peut rien discerner de la scène noire, profonde et embrumée. Sfumato. Enfumé. La voix égrène les accidents de la nature comme autant de fléaux qui s’abattent sur la terre. Et puis rien. Deux corps à terre apparaissent, nimbés d’une fumerolle blanche comme celle de feux presqu’éteints. Mais la buée vire à l’orage et le nuage devient menaçant tandis qu’une danseuse tourne, désorientée, trop légère pour ce fracas qui l’entraîne toujours plus vite, toujours plus loin… Le texte de Sonia Chiambretto ajoute à l’angoisse, tandis que peu à peu, d’autres danseurs investissent la scène, tout en voltes et spirales, comme harcelés par l’ouragan avant qu’une pluie torrentielle ne s’abatte sur le plateau. La scénographie accentue d’une couleur obscure la sombre tragédie des danseurs qui se précipitent et s’étreignent, vont de flux en reflux. Leurs gestes se saccadent, se désynchronisent comme pour dire l’incapacité à freiner ce torrent…