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BILLETTERIE

théâtre | en creation

Nickel (titre provisoire)

Mathilde Delahaye

CRÉATION Centre dramatique national de Tours - Théâtre Olympia
5 au 9 novembre 2019 

Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône 
Novembre 2019

Nouveau Théâtre de Montreuil, Centre dramatique national 
Janvier 2020 

Théâtre National de Strasbourg 
Printemps 2020

EXTRAIT NOTE D'INTENTION DE MATHILDE DELAHAYE

 

BRUTAL
La première chose qui m’a frappée quand j’ai découvert la ballroom scene, c’est l’énergie brutale des vogueurs, leur rapport primaire à la scène (violent, nécessaire) et extrêmement sophistiqué à la performance comme combat, comme mise à mort, et comme exposition suprême. De quelle tragédie le voguing est-il l’ornement?

COMMUNAUTÉ
Il y a dans la communauté de la ballroom une codification très subtile et un champ lexical vaste, parsemé de néologismes et d’anglicismes (les origines étasuniennes du mouvement) qui emprunte au combat, à la joute, et au théâtre et qui naît d’une nécessité de nommer de nouvelles formes d’être, de nouvelles beautés, de nouvelles identités, que la sociologie n’a pas encore saisies. La puissance narrative et dramatique du voguing se tresse au désir subversif d’être qui l’on veut être, l’espace du ball.

RENCONTRE
Nous avons, avec Vanasay, fabriqué le contexte d’une rencontre entre deux pratiques spectaculaires, avec quatre vogueurs. Au-delà de la question artistique, la question sociologique, esthétique, politique, ne peut être éludée. Le réseau dans lequel s’insère la production du projet est un réseau de théâtre public, s’inscrivant donc dans une politique culturelle « officielle » et subventionnée, là où le voguing est une culture qui se développe en dehors des réseaux publics, en contestation même d’une culture officielle perçue comme excluante. De ce point de vue, la tension est très forte, mais en même temps très clairement, et sereinement exprimée. Les questions d'appropriation culturelle, le danger de la banalisation, de la dépolitisation de la culture de la ballroom, à laquelle les artistes sont très attachés, sont revenues à plusieurs reprises. Le passage (inéluctable?) d’une culture underground à une culture pop, est l’écho chez les vogueurs du pillage séculaire des cultures noires par les Blancs, et de l’appropriation comme vol, et malfaçon. Les récits personnels de chacun des vogueurs ont tracé des lignes, entrelacs complexes d’histoires qui les ont mené au voguing, et qui se retrouvent, cryptées, dans leurs performances sur scène. Je lis à l’équipe de création la Lettre aux Acteurs de Novarina à chaque fois que l’on commence un projet, parce que c’est le mystère qui anime, au fond, mon désir de mise en scène. Jamais le dernier paragraphe n’avait résonné avec autant d’évidence -c’est-à dire sans métaphore-, quelque chose, brutalement (toujours brutal) s’est ouvert. « Chaque corps d’acteur c’est une menace, à prendre au sérieux, pour l’ordre dicté au corps, pour l’état sexué; et si on se retrouve un jour dans le théâtre c’est parce qu’il y a quelque chose qu’on n’a pas supporté. Dans chaque acteur il y a, qui veut parler, quelque chose comme du corps nouveau. Une autre économie du corps qui s’avance, qui pousse l’ancienne imposée.»

Mathilde Delahaye

artiste associé

Mathilde Delahaye

À l’école du Théâtre national de Strasbourg section Mise en scène, dont elle sort en 2016, Mathilde Delahaye met en scène : Le mariage, d’après Witold Gombrowicz ; L’Homme de Quark, spectacle paysage, d’après Processe de Christophe Tarkos ; Tête d’Or de Paul Claudel, à la Coop de Strasbourg ; Karukinka de Francisco Alvarado, en partenariat avec l’Ircam ; Trust de Falk Richter... Au sein de sa compagnie D911 entre 2008 et 2013, elle met en scène notamment : La Chevauchée sur le lac de Constance, spectacle-paysage, de Peter Handke ; Nous qui désirons sans fin, spectacle-paysage d’après Raoul Vaneigem ; La Sorcière du Placard aux balais de Pierre Gripari ; Convulsion #4, d’après les Cahiers d’Ivry, d’Antonin Artaud ; Hamelin de Juan Mayorga ; 4.48 Psychose de Sarah Kane ; Blessure au visage de Howard Barker.
En septembre 2016, sa collaboration avec l’Espace des Arts en tant qu’artiste associée, l’amène à créer plusieurs formes théâtrales et opératiques sur et pour le site du Théâtre du Pord Nord où la Scène nationale est installée hors les murs. En février 2017, elle présente une petite forme Pantagruel à partir de textes de François Rabelais interprétée par Maud Pougeoise. En octobre 2017, Mathilde Delahaye met en scène le texte de Valère Novarina L’Espace furieux à l’Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône.

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