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théâtre | en creation

Voguing Feydeau (titre provisoire)

Mathilde Delahaye

Création Automne 2019 Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône

Le Voguing, dit Lasseindra Ninja, figure de proue de ce style, c’est « exprimer une souffrance sociale ressentie et inventer sa vie ». C’est par la performance, les battles devant un public − combats aussi cruels qu’ironiques et drôles − où s’affrontent des identités réinv entées, travesties, que cette souf fra nce est nommée et dépassée du même coup. Tout est théâtre, tout est travesti, et pourtant les questions politiques sont violemment exposées, généreusement irrésolues : qu’est-ce qu’être noir et homosexuel aujourd’hui et ici ?

 

À l’origine il y a une une angoisse sociale, que la performance des corps met en acte et sublime par le jeu, détourne par le rire. À l’orfèvrerie de la mécanique théâtrale chez Fe ydeau répondra la rigueur des règles du jeu des battles de Voguing. Le pari de mar ier ces deux vocabulaires naît d’une dou ble envie. D’abord cell e de travailler avec des danseurs et performeurs pour qui le travestissement est autant un jeu qu’une très sérieuse invention de soi. Le Voguing offre en premier lieu un cadre pour exprimer une identité. Au croisement des i nquiétudes d’entre-deux siècles, le théâtre de Feydeau est inquiet, sombre, et visionnaire, on peut y lire une sorte de cauchemar, enjou é et gai, mais où les gags, clous et jeux de mots, cachent un vertige. Celui sans doute d’une époque obsédée par la vitesse, la force, le progrès : « le théâtre de Feydeau serait une métaphore parfaite de cette époque finalement décadente, dont les grands efforts virils s’usent dan s une abo ulie s ans but ». Il s’agit d’éprouver l e frottement d’une telle lecture avec la puissance drôle et tragique de s corp s travestis d es v ogueurs. Par ailleurs, l’id ée de se confronter à une trame musicale est essentielle dans la démarche : un compositeur prendra en charge l’écriture musicale du sp ectacle, pour décaler le vocabulaire rythmique auquel on a l’habitude de voir se danser le Voguing, et en ouvrir de nouvelles perspectives.

Mathilde Delahaye

artiste associé

Mathilde Delahaye

À l’école du Théâtre national de Strasbourg section Mise en scène, dont elle sort en 2016, Mathilde Delahaye met en scène : Le mariage, d’après Witold Gombrowicz ; L’Homme de Quark, spectacle paysage, d’après Processe de Christophe Tarkos ; Tête d’Or de Paul Claudel, à la Coop de Strasbourg ; Karukinka de Francisco Alvarado, en partenariat avec l’Ircam ; Trust de Falk Richter... Au sein de sa compagnie D911 entre 2008 et 2013, elle met en scène notamment : La Chevauchée sur le lac de Constance, spectacle-paysage, de Peter Handke ; Nous qui désirons sans fin, spectacle-paysage d’après Raoul Vaneigem ; La Sorcière du Placard aux balais de Pierre Gripari ; Convulsion #4, d’après les Cahiers d’Ivry, d’Antonin Artaud ; Hamelin de Juan Mayorga ; 4.48 Psychose de Sarah Kane ; Blessure au visage de Howard Barker.
En septembre 2016, sa collaboration avec l’Espace des Arts en tant qu’artiste associée, l’amène à créer plusieurs formes théâtrales et opératiques sur et pour le site du Théâtre du Pord Nord où la Scène nationale est installée hors les murs. En février 2017, elle présente une petite forme Pantagruel à partir de textes de François Rabelais interprétée par Maud Pougeoise. En octobre 2017, Mathilde Delahaye met en scène le texte de Valère Novarina L’Espace furieux à l’Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône.

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