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Dans Under the Flesh, Bassam Abou Diab, chorégraphe et danseur libanais, raconte le corps vu de l’intérieur, de « sous la peau ». Un corps meurtri par une guerre qui n’en finit pas, un corps qui tremble et qui encaisse, et crée une danse de la survie au son du tabla de Samah Tarabay, musicien remarquable, explorateur d’un folklore contemporain. Comment ce corps peut- il réagir aux dangers qui le guettent ? Comment peut-il se débarrasser de réflexes si ancrés dans la chair qu’ils le précipitent au sol au moindre bruit ? Peut-on transformer ces gestes en danse et la peur en technique spécifique ? Tel est le propos de Bassam Abou Diab.

Dans ēvolvō, Yara Boustany, l’une des plus jeunes et des plus saisissantes artistes de Beyrouth, fait surgir de merveilleuses images,des illusions d’optique stupéfiantes, avec des moyens très simples. N’empêche, le spectateur se laisse séduire et emporter dans ce monde étrange et attachant, où se déploie une réalité plus vraie que nature. Ombres, jeux de miroirs, motifs translucides, nous transportent dans un monde en pleine transformation.

Des montagnes du Liban, où bruissent chants d’oiseaux et stridulations d’insectes, aux toits et aux rues de Beyrouth, avec leur vacarme et leur bourdonnement. Le corps est happé par ces métamorphoses, jusqu’à devenir une étrange créature, mi-plume, mi-plastique, chatoyante, colorée, qui renaît, tel un phénix ou un monstre très archaïque, de nos pires pollutions. ēvolvō laisse la porte ouverte à toutes les interprétations.

Dans TIME TAKES THE TIME TIME TAKES, Le temps prend le temps qu’il prend, on ne peut mieux dire ! La pièce de Guy Nader donc une conversation dynamique et physique, où les cinq danseurs et le musicien incarnent la mesure, comme un voyage dans les oscillations d’un balancier, à la recherche du mouvement perpétuel. Ces machines extraordinaires qui fascinent les hommes depuis la Renaissance sont ici matérialisées par une gestuelle tout à la fois virtuose et répétitive : balancements, enroulements, portés, mouvements pendulaires aux combinaisons variées et complexes. Imbriqués, emboîtés, ou figés en statues improbables, pris dans une interdépendance précaire, dont ils tirent leur élan et leur force. On ne peut détacher ses yeux des danseurs, fragments moléculaires qui tournent ensemble, mécanismes transitoires pris dans la roue de l’univers. Avec une précision toute horlogère, ils scintillent dans ce monde épuré, minéral, où de précieuses minutes passent… inaperçues.

Sous-titré Un autre Orlando, en référence au personnage de l’écrivaine Virginia Woolf qui change de sexe comme de visage, Romances inciertos, de François Chaignaud et Nino Laisné, est à la fois un concert et un récital qui s’articule en trois actes comme un souvenir d’opéra-ballet. C’est surtout un spectacle à l’atmosphère unique, un voyage fascinant, des sources hispaniques du baroque jusqu’à notre siècle, en trois personnages à la grâce déchirante. Sur les arrangements musicaux délicats de Nino Laisné, qui agrémentent alboradas, folias et saetas, du son du théorbe, des violes de gambe et même du bandonéon, s’épanchent de fiévreuses mélodies. Juché sur des échasses, campé sur des pointes ou perché sur des stilettos, François Chaignaud incarne les soupirs de la sainte et les cris de l’infante. De sa voix oscillant d’un sombre velours au contre-ténor éclatant, transcendant par son geste les époques et les genres, François Chaignaud, danseur et chanteur fabuleux, nous livre une pièce sensuelle, virtuose, d’une beauté ténébreuse.